Philippe Guibert
Sculpteur

La rencontre s’est faite il y a quatre ans lorsque je posais sans intention une vieille ardoise tombée du toit sur des anciennes poutres en chêne venues vers moi.
J’ai été saisi par ce rapprochement de couleurs, de structures, d’états de surface et par la sincérité de cette complémentarité.
Alors on a décidé de passer quelques temps ensemble, tous les trois.
Dans cette union, nulle concurrence. Chacun s’exprime. Un dialogue dans lequel je me faufile pour regarder, écouter, échanger. J’observe la puissance discrète de l’ardoise. Sa simplicité, sa joie de vivre. Elle me fait toujours la surprise de sa présence. Le chêne a la qualité d’un ami d’enfance. Il veille, chaleureux, toujours disponible à la mémoire.
Je vais à leur rencontre et je laisse émerger le contenu de nos échanges, de nos regards. Une forme nous rejoint, comme la signature d’un moment fusionnel en dehors du temps.
Parfois surgit l’envie d’une intimité partagée. L’ardoise m’interpelle. Je l’écoute et nous chantons ensemble. Dans d’autres moments le chêne me rejoint et nous partageons nos belles histoires de vie.
La vie prend son sens, dans la poésie de la rencontre.